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Lettre à R.

 

Bonjour mon poulet irlandais !

Pluie intermittente, vent fort, et brume nocturne ont tout de suite donné le ton, ce matin, lorsque j'ai posé mes pneus sur le bitume lavé par les averses. Il était six heures et quart. Et avant même d'attaquer la côte de Ménilmontant, j'étais dans le bain... Irlandais ! La Ménilmontant ne vaut certes pas les Wicklow Mountains, mais cette bruine pénétrante battue par le zef m'en a donné l'illusion.

C'est donc réveillé par cette excitation électrique que j'ai enfourché le vélo d'entraînement pour sentir la bête partir à chaque coup de pédale. Drôles de sensation après deux semaines de home-trainer, condamné que j'étais par le froid piquant à dérouler mes séances à l'intérieur... Mais là, il faut rapidement reprendre les réflexes sur la chaussée glissante.

6 heures, les rues sont calmes. Je sais que tu n'aimes pas ça, il faut tout de même naviguer entre les camions de ramassage des ordures ménagères, les bus qui se suivent ou les camions de livraison qui s'arrêtent, d'un coup, sans crier gare. Et cette pluie qui ne cesse de dégouliner sur les verres des lunettes auquel s'ajoute le maigre éclairage public qui rendent dangereuse toute incartade.

Mais, ce matin, la déconvenue vient d'abord de mes pneus. Pas plus de 10 minutes, et crevaison ! Youpi. Si je tenais ceux qui m'ont dit que l'hiver, on met les vieux pneus. J'attaque la réparation sous le regard hagard des passagers ensommeillés du tram, sors la chambre à air et les démonte-pneus.

C'est alors que j'ai pensé à cette vidéo ou comment réparer en moins d'1 minute ? Alors, c'est sûr, sous la pluie et de nuit, c'est une autre affaire... Et c'est plutôt 9 minutes que je mets.

A la lumière des lampadaires, je rejoins finalement Vincennes pour atteindre la piste brumeuse avec une sensation énorme dans cette nuit sombre. L'aube ne pointe pas encore et c'est magique de deviner ces arbres avec leurs bras dépouillés. Deux petits tours et s'en vont à l'improvisation. Les 1h30 de côtes en région parisienne maintenant...

Peut-on réllement trouver 1h30 de côtes en région parisienne, surtout avec l'Altriman comme objectif principal de l'année ? On est certes dans le bassin parisien,  avec des buttes, et de fait au 40' pile d'échauffement, je tombe sur une longue côte très progressive. Les montées et descentes se succèdent alors dans l'air humide, et tant que les voitures restent rares, l'enchaînement est plutôt plaisant.

Et puis, tu sais, les seules vagues que l'on a ici, ce ne sont certainement pas celles de la mer d'Irlande sur les plages dublinoises. Les vagues, sur le coup des 7 heures, ce sont celles des bagnoles qui déboulent dans la direction de Paris. Il faut alors changer de stratégie, les bosses étant quelque peu encombrées.

Je rallie finalement l'une des côtes de Romainville, obligé de faire les montées descentes sur cette section un peu moins fréquentée. Mais dans cette nuit sombre, le virage, les freins qui glissent et les coups de vent violents rendent l'exercice malaisé. Quelques frayeurs.

Et j'y ai échappé de peu. Lorsque je la redescendais, un camion arrivant de face accélère brusquement pour foncer face à moi, afin de doubler un bus à l'arrêt, au forcing. Le coeur s'accélère à bloc, les freins pas le temps, je sens le camion me frôler écrasé contre la barrière au ras du trottoir... Les rayures sur la carrosserie cabossée du chauffard restent gravés dans ma mémoire.

Foi de Parisien, un cri de rage m'échappe. Toujours la même histoire. Passants ou véhicules pensent toujours avoir le temps de passer face à un vélo : "soit je me jette sous les roues, soit je force le passage". Sauf qu'à vélo de course, on n'a ni freins à disque ni air-bags. Et là, j'ai vraiment eu peur.

Malheureusement, à deux bordées de la maison, j'ai encore une chauffarde qui tente de forcer le passage en pleine descente pour moi. Elle freine à 1 mètre de moi.

Voilà une sacrée reprise de contact avec le terrain. Un temps humide, venté et brumeux mais très loin de l'herbe verte, de greens naturels surmontés de promontoirs rocheux plongeant vers la mer et des lacs aux reflets de Guinness.

Je t'envie tout ça malgré les dures conditions d'entraînement hivernal.

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