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Altriman versus Embrunman : lequel est le plus dur ?

Il n'est pas rare d'être traité de fou quand on dit que l'on vient de terminer un Ironman, soit 3,8 kilomètres de natation enchaînés avec 180 kilomètres de vélo et derrière un marathon à pied.

Alors que penser des deux Ironman français qui ont adopté de véritables étapes de montagnes du Tour de France pour la partie vélo tout en augmentant les distances. Et une polémique irréductible revient cycliquement : lequel des deux est le plus dur ?

L'analyse d'Aymeric, rouleur en Haute-Savoie

Le débat sur le dénivelé (D+) entre Embrun et l’Altriman est un non sens tant les épreuves sont différentes. Outre l’aspect chiffres (comment donner du crédit à l’étude de Gérald Iacono enregistrant l’altitude toutes les 5 secondes quand on connaît la précision relative d’un GPS – souvent à hauteur de 20 m en montagne, on peut imaginer ce que ça provoque sur un col en lacets serrés) qui valide l’écart des 3600 mètres de D+ pour Embrun / 5 100 mètres pour l’Altriman. En sachant que le profil des deux épreuves est réellement aux antipodes.
 
Embrun est « idéal » pour un rouleur qui passe bien les bosses si ce dernier arrive à bien gérer la montée de l’Izoard (la montée si elle est abordée sereinement a lieu en début de parcours et n’émousse pas un concurrent bien préparé). Le reste du parcours est suffisamment roulant : on estime à 80 km la part du parcours pouvant être réalisée sur un prolongateur pour pouvoir passer en puissance.

A contrario, l’Altriman ce sont les « montagnes russes » pendant 200 km. Le rêve pour tout grimpeur au gabarit ultra-léger qui ne laissera que peu d’energie sur le plat (à l’exception peut-être des 30 km de faux-plats pour remonter aux Angles, en fin de parcours.
 
Prenons deux cas concrets : Thierry Chatron, le vainqueur de l’Altriman en 2012, qui boucle le parcours vélo en un peu moins de 8 h. À Embrun, et dans ses « meilleures » années, c’est 6h40. Marcel Zamora, le seul « top » à être venu goûter au parcours pyrénéen avait bouclé le parcours en 7h19, contre 5h54 lors de sa victoire à Embrun en 2012.

Une différence que les 8 ou 10 km supplémentaires de l’Altriman ne sauraient expliquer autrement que par un D+ total largement supérieur. On parle de triathlètes qui ont une VAM (puissance aérobie) supérieure à 1200 m/h en fin de parcours... et qu’il ne faut pas minimiser.
 
Dernière remarque, qui concerne la partie course à pied… Là-aussi, la difficulté tourne largement en faveur de l’Altriman. Si la différence de D+ en elle-même n’est pas très conséquente (450 m à Embrun, 750 m à l’Altriman), la répartition est toute autre puisque l’épreuve pyrénéenne concentre la très grande majorité de sa difficulté entre le 13ème et le 20ème où les pourcentages sont si forts qu’ils obligent à marcher pour éviter l’explosion, ce qui n’a rien à voir avec la remontée au village d’Embrun qui ne dure que quelques centaines de mètres, le reste étant une succession de faux-plats, certes difficiles du côté de Barratier.

Et ne parlons même pas de la différence d’altitude où courir à 1 500 m aux Angles n’a pas grand-chose à voir avec les 700 m d’Embrun…
 
Pour résumer, il faut donc compter une bonne heure trente de débours à vélo et 30 minutes à pied supplémentaires à l’Altriman par rapport à Embrun, prévision à adapter par rapport au(x) point(s) fort(s) de l’individu – cycliste ayant des qualités intrinsèques de rouleur ou de grimpeur, coureur au gabarit léger, etc. Et son expérience sur ce type d’épreuves atypiques.
 
Une chose est cependant certaines : ce sont deux triathlons hors-normes qu’il convient de ne surtout pas prendre à la légère !

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